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Les commotions cérébrales peuvent affecter les fonctions cérébrales de multiples façons. Les fonctions cognitives supérieures sont les plus susceptibles d'être perturbées car elles impliquent de nombreuses régions du cerveau. Lorsqu'un seul maillon de la chaîne de traitement mental est touché, notre capacité à fonctionner peut être gravement altérée.

De toutes les informations sensorielles que notre cerveau traite en permanence, la vision est prédominante. Dans le sport, par exemple, jusqu'à 90 % des informations reçues sont traitées par la vision. C'est pourquoi de vastes zones du cerveau sont dédiées au traitement visuel. Les dernières recherches révèlent également que la vision est intégrée aux «centres de commande» du cerveau, situés dans les régions du lobe frontal.

Nous allons ici aborder 5 façons clés dont les performances visuelles peuvent être perturbées par un traumatisme crânien léger (TCL).

1. Suivi oculaire

Lorsqu'on suit un objet en mouvement, comme un palet, un ballon de football ou un adversaire, les yeux doivent rester focalisés tout en se déplaçant de manière fluide pour maintenir le suivi. Les commotions cérébrales affectent souvent le système musculaire complexe autour des yeux. Il en résulte des mouvements saccadés au lieu de mouvements de poursuite précis, ce qui entraîne une perte de concentration. Ce phénomène crée un bruit visuel qui rend l'interprétation des images par les centres visuels du cerveau beaucoup plus difficile.

C’est pourquoi certains bilans visuels incluent des tests de suivi oculaire, notamment une tâche de poursuite oculaire. Si des mouvements oculaires saccadés sont observés, même très subtils, cela constitue un signe révélateur d’un traumatisme crânien léger ou d’un trouble cognitif apparenté.

2. Vision périphérique

Aussi appelée vision latérale, la vision périphérique désigne ce que l'on perçoit à la périphérie du champ visuel. Il semble simple, de prime abord, d'être conscient de ce qui se passe autour de soi, par exemple en conduisant ou en traversant la rue. Cependant, le traitement des informations provenant du champ visuel périphérique représente un effort mental important, surtout lorsque l'environnement ou la personne qui observe est en mouvement.

En réalité, cela nécessite l'activation de réseaux neuronaux bien plus étendus que la perception dans le champ visuel central. C'est également fondamental pour l'équilibre, car le cerveau utilise du flux optique pour s'orienter dans l'espace. C'est pourquoi certaines évaluations avancées des commotions cérébrales intègrent des exercices d'équilibre à la stimulation de la vision périphérique, révélant ainsi des effets de traumatismes crâniens légers qui passeraient autrement inaperçus.

3. Acuité visuelle

L'acuité visuelle désigne la capacité à voir, examiner, identifier et comprendre clairement les objets observés de près ou de loin. Elle repose sur une mise au point précise, chaque œil devant être parfaitement aligné avec l'objet observé. L'acuité visuelle dynamique implique de maintenir une mise au point nette sur des objets en mouvement, qu'ils se rapprochent ou s'éloignent de l'observateur. Cela signifie que les deux yeux doivent non seulement être parfaitement alignés, mais aussi maintenir cette précision simultanément lors de changements d'angle de vue.

Tout comme les troubles du suivi oculaire, l'acuité visuelle sollicite une motricité oculaire fine. De légères déficiences peuvent considérablement altérer la capacité d'une personne à se concentrer sur ce qui se trouve devant elle. C'est un problème préoccupant pour les athlètes en phase de récupération après une commotion cérébrale. En particulier dans les sports collectifs, les scènes dynamiques et changeantes exercent une pression constante sur l'acuité visuelle. Cette stimulation peut entraîner une réapparition des symptômes chez les athlètes qui semblaient pourtant guéris.

4. Perception de la profondeur

La perception de la profondeur est la capacité à percevoir le monde en trois dimensions, associée à celle d'évaluer les distances relatives des objets – leur proximité ou leur éloignement. De nombreux processus perceptifs interviennent, exploitant des indices visuels tels que la stéréoscopie, la perspective, la texture et les dégradés de tons. Ces indices sont traités dans différentes régions des centres visuels du cerveau, puis assemblés par des systèmes visuels supérieurs pour générer une perception réaliste des distances de tous les éléments de l'environnement.

Là encore, la perception de la profondeur, qu'elle soit absolue ou relative, complexifie le travail du cerveau. La perception de la profondeur est essentielle à notre sécurité de déplacement, notamment au volant.

Si une commotion cérébrale affecte les processus d'interprétation de la profondeur, le monde environnant peut devenir très confus. La perception de la profondeur étant une fonction visuelle complexe, des interventions cognitives peuvent stimuler la récupération des fonctions perdues et permettre aux athlètes de reprendre la compétition.

5. Attention

Cela peut paraître surprenant, mais l'attention et la vision sont étroitement liées. Le flux incessant de données sensorielles qui parvient à notre cerveau dépasse largement notre capacité de traitement. Pour une efficacité optimale, les systèmes attentionnels déterminent quelles informations sont essentielles à nos besoins et lesquelles ne le sont pas. Les centres visuels du cerveau filtrent ensuite les informations superflues et concentrent leurs ressources mentales sur l'essentiel.

Lorsque la capacité à filtrer et traiter sélectivement l'information visuelle est altérée par les effets d'une commotion cérébrale, même des activités quotidiennes comme se promener dans un centre commercial peuvent devenir insurmontables. Ce type de surcharge sensorielle peut rapidement déclencher des symptômes de traumatisme crânien léger, tels que des vertiges, des nausées et des maux de tête. La rééducation des systèmes d'attention visuelle du cerveau pendant le processus de récupération après une commotion cérébrale nécessite une approche équilibrée. Une stimulation visuelle ni trop faible, ni trop forte, permet de restaurer progressivement l'attention.

Comme nous l'avons vu, la vision est un système complexe qui peut être affecté de multiples façons par une commotion cérébrale. Les professionnels de la santé visuelle, tels que les neuro-optométristes, jouent un rôle essentiel dans la rééducation des fonctions visuelles et favorisent ainsi la guérison. Par ailleurs, de nombreuses recherches en neurosciences sont consacrées à la découverte de nouvelles méthodes d'évaluation et de récupération des fonctions visuelles altérées par les traumatismes crâniens légers.

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