Coin des experts
3 mars 2022
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Alors que les méthodes d'entraînement modernes évoluent rapidement, que ce soit sur le plan énergétique, physique, stratégique ou tactique, les fonctions exécutives apparaissent désormais comme un élément essentiel de la performance.

Le nombre de séances d'entraînement augmente. Les exigences deviennent de plus en plus complexes et exigeantes, et la fréquence des compétitions contribue à limiter considérablement le temps consacré à la récupération.

Dans ces conditions, l'athlète est soumis à un stress sans précédent. Dépression, surentraînement, blessures et contre-performance surviennent au plus haut niveau et avec une telle fréquence que les instances sportives ont été alertées de la nécessité d'enquêter et de mettre en place des politiques visant à protéger l'intégrité physique et mentale de nos athlètes.

Nous avons atteint les limites physiologiques en matière de force, de puissance et de vitesse. Le geste technique est tellement répété qu'il est parfaitement intégré. Malgré cela, la majorité des athlètes, pourtant très entraînés, ne progressent pas, tandis que d'autres, des « exceptions », moins forts ou moins rapides, semblent déjouer tous les pronostics et interpeller les spécialistes. Leur capacité à se sortir de situations complexes avec sérénité, leur adaptabilité et leur incroyable aptitude à trouver des solutions rapidement, même sous pression ou en cas de fatigue intense, sont autant d'éléments qui intriguent.

Qu'ont-ils de plus que les autres ?

La spécificité du génome, peut-être ? Il ne s'agit pas ici de penser que pour être un athlète de haut niveau, il faut être « né avec un don ». Tous les athlètes d'élite évoluent dans ce milieu très sélectif. Alors pourquoi certains se distinguent-ils autant ?

Daphnée Bavelier, professeure en sciences cognitives, explique, à propos des joueurs d'e-sport : « Lorsque les joueurs de FPS doivent rechercher une cible, ils se fatiguent moins vite et sont moins distraits par leur environnement. Ils agissent plus rapidement et peuvent également recentrer leur attention plus vite pour trouver une nouvelle cible. ».

Que devons-nous comprendre ?

Pour répondre à cette question, j'aime me référer à cet exemple tiré du prochain livre de Philippe Rodier, où il souhaite nous faire comprendre la relation entre intuition et performance :

Dan Carter expliquait en avril 2016 (4 participations à la Coupe du monde : 2003, 2007, 2011, 2015) : « L’instinct est primordial, mais aussi le plus difficile à maîtriser. Parfois, j’entends quelque chose, une annonce d’un coéquipier ou un ordre d’un adversaire, mais mes yeux me disent autre chose. Alors, je me fie à mon intuition. » Il ajoutait : « Sur le terrain, tout va tellement vite que je ne sais même pas ce que je vais faire dans les secondes qui suivent. »

Voilà peut-être la solution. Les joueurs exceptionnels perçoivent mieux leur environnement que les autres. Tout au long de ma carrière d'entraîneur d'athlètes de haut niveau, j'ai constaté que la dimension physique avait atteint ses limites. J'ai visionné des vidéos de matchs et mon analyse du jeu a révélé que ceux qui se démarquaient n'étaient pas toujours les plus grands, les plus forts ou les plus puissants, mais qu'ils savaient jouer dans toutes les situations complexes et contre toute attente. Ils savaient mieux que les autres lire leur environnement.

J’ai donc naturellement imaginé que si l’on nous permettait de développer cette qualité perceptivo-cognitive chez tous les joueurs, et pas seulement chez ceux dont la vocation est de mener le jeu, nous pourrions peut-être changer le cours des choses, les méthodes d’entraînement, la charge de travail ainsi que la vision du jeu et de la performance.

À la lumière des études épidémiologiques sur les traumatismes recensés dans le sport de haut niveau, il apparaît que les blessures surviennent le plus souvent en période de fatigue, au cours du troisième quart d'heure de jeu, en hiver lorsque les conditions sont plus délicates, ou encore en fin de championnat. Il m'a suffi d'y regarder de plus près pour comprendre que la dimension perceptive, et bien sûr la dimension cognitive, jouent un rôle primordial dans ce contexte. En effet, lorsqu'il n'est plus en mesure de prendre la bonne décision, l'athlète fait le mauvais choix, s'enferme dans des contraintes de mouvement inadaptées, ce qui engendre une fatigue et des doutes croissants, et finit par rendre sa tâche plus consciente. Dans ce contexte, la contre-performance et la blessure ne sont plus une simple question de temps ; elles sont inévitables.

NeuroTracker: La solution !

Jocelyn Faubert m'a contacté il y a plus de 10 ans pour me proposer son nouveau système d'entraînement pour la vision périphérique et centrale : le NeuroTracker.

Professeur Faubert - l'inventeur scientifique de NeuroTracker

J'ai tout de suite été enthousiasmé par l'idée de me voir proposer une solution et un outil qui me permettraient enfin d'explorer cet environnement et d'aborder la performance sous un angle nouveau.

J'avais besoin d'entraîner la vision périphérique, de développer le traitement et la prise de décisions inconsciemment, et de proposer cette méthode d'entraînement à tous mes athlètes.

J'ai mis au point cette méthode avec plusieurs athlètes de haut niveau en préparation de compétitions nationales et internationales ou en préparation des Jeux olympiques de Pékin, Londres ou Rio, avec des résultats que je n'aurais pas pu imaginer.

La particularité de l'athlète de haut niveau réside dans le fait qu'il « va là où les autres ne vont pas et continue là où les autres s'arrêtent ». C'est ainsi que je vois les choses.

Elles sont donc liées à des processus mnésiques qui leur confèrent leur spécificité. Prendre des décisions rapidement et sous pression, comme toute autre compétence, s'apprend. N'oublions pas que toute décision, qu'elle soit motrice, visuelle ou cognitive, ne dépend que d'un seul acteur : le cerveau. C'est le cerveau qui décide. Et pour prendre des décisions, il est presque exclusivement guidé par la vision. C'est donc à lui que nous devons nous adresser et par la vision que nous devons pénétrer le système.

La particularité de cette méthode réside dans son concept. Elle est conçue pour le vison, mais pas seulement. L'adaptation cellulaire dépend de l'intensité, de la variabilité et de la répétition de la charge. Autrement dit, le développement d'une capacité musculaire ou nerveuse repose sur la capacité à proposer une sollicitation individualisée et adaptée en termes d'intensité, à créer un environnement que le cerveau percevra comme une norme, et à évaluer et augmenter la charge en temps réel (à condition que la répétition soit également adaptée et suffisante).

Le système NeuroTracker propose un entraînement des muscles oculomoteurs à vitesse maximale (liée à la fonction) et corrélée aux capacités de l'athlète au moment de l'effort. Outre cet entraînement musculo-nerveux, il présente la particularité de solliciter la stéréoscopie, essentielle à la pratique sportive de tous les athlètes.

Un autre avantage du principe proposé réside dans sa durée d'action : 8 secondes. C'est le laps de temps pendant lequel le système nerveux peut atteindre sa vitesse maximale. Répété sur 20 séquences et plusieurs séances, ce temps de maintien, au-delà de cette vitesse maximale, est également entraîné. Quinze à trente minutes de travail, répétées sur plusieurs séances et dans une situation progressive de double ou triple tâche, permettent ainsi de créer un environnement propice au traitement de l'information et à son entraînement. Le cerveau comprend alors que cette capacité devient essentielle et qu'elle revêtira désormais une importance accrue.

Au-delà de ces aspects, le travail sur NeuroTracker permet d'accroître la mémoire de travail. Puisqu'il s'agit de solliciter directement le système nerveux, sa stimulation à haute vitesse permet à l'information d'accéder beaucoup plus tôt à la mémoire séquentielle. La réponse cognitive ou motrice est alors plus rapide et plus adaptée.

L'athlète perçoit l'information plus rapidement. Il a l'impression d'avoir plus de temps pour prendre sa décision (ce qui est le cas), il comprend son environnement plus vite. Enfin, il développe ses qualités de concentration et de vigilance, sa capacité à focaliser son attention et à gérer le partage d'attention, qualités essentielles à la performance sportive.

Ce processus est donc devenu un atout incontestable dans l'entraînement et la performance de l'athlète. Il est également devenu un moyen de prédire la performance.

La Fédération Française de Football l'a bien compris. L'ensemble de ses collaborateurs lui a décerné le premier prix de l'innovation lors des journées de l'innovation organisées dans son centre de formation de Clairefontaine. La Direction Technique de l'Arbitrage (DTA) en avait déjà fait un outil de formation et de performance pour les arbitres de Ligue 1. D'autres clubs français, comme l'Olympique Lyonnais et…

L'Olympique de Marseille l'a intégré à son entraînement et l'utilise pour la performance, la préparation physique et la rééducation. La prise de décision rapide est une qualité essentielle pour évoluer au plus haut niveau. Il est donc primordial de développer cette capacité le plus tôt possible dans un projet individuel de haut niveau.

Hélène De France, championne du monde de voile et médaillée de bronze aux Jeux olympiques de Rio, a suivi cet entraînement perceptivo-cognitif tout au long de sa préparation. Nous avions constaté ensemble la nécessité de maintenir un niveau de concentration maximal pendant toute la compétition et d'être capable d'anticiper les mouvements de l'eau, de la voile et la trajectoire des adversaires dans un contexte de stress permanent (la fréquence cardiaque des 470 membres de l'équipe est proche de son maximum théorique pendant la majeure partie de la compétition). Le NeuroTracker s'est donc avéré l'outil idéal et les résultats obtenus ont été à la hauteur de nos attentes. Voici une vidéo d'Hélène de France lors de sa phase de consolidation sur NeuroTracker.

Un autre exemple d'entraînement, mais cette fois-ci au tennis de haut niveau avec Tan Harmony (joueuse internationale française).

Le tennis est un sport où la prise de décision, l'anticipation et l'intuition sont des atouts essentiels à la performance. Les balles peuvent atteindre des vitesses de 200 km/h et la durée des matchs exige des athlètes une attention et une concentration soutenues pendant plusieurs heures. Dans cet exemple, la double tâche reproduit des gestes spécifiques de la compétition.

Outre le développement des capacités perceptives, cette méthode d'entraînement permet également d'évaluer l'aptitude à traiter l'information aussi bien en revers qu'en coup droit. Par exemple, si la prise de décision est moins efficace en revers qu'en coup droit, le positionnement sur le court en situation de match ne peut être optimal. L'athlète compense et perd ainsi un temps précieux pour la réception et le traitement de l'information. L'exécution du mouvement est alors retardée et le positionnement correct pour le coup suivant devient plus complexe.

Voici un exemple de triple tâche associant les gestes techniques au traitement visuel et moteur d'autres informations perceptives.

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